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La compagnie Studio Laroche-Valière a proposé en 2006 une nouvelle création
intitulée : IN/STELLATION. Partition chorégraphique pour deux interprètes. Axée
autour d’un rapport entre l’écriture chorégraphique, la mise en espace scénographique et
la mise en espace sonore, IN/STELLATION interroge les notions de corps-présence, de
mouvement et de passage, dans une poétique de “l’être-là-du-corps”, du surgissement et
de la trace. La présence à l’endroit de la mémoire se montre au commencement, dans
l’actualité d’un “ici et maintenant”, comme une vibration, un livre du silence à ouvrir, à
parcourir. IN/STELLATION est un approfondissement “in situ” des thèmes développés dans
la démarche chorégraphique de François Laroche-Valière autour de la notion “d’être-là-du-corps” ; ils sont orientés dans cette création vers celle “d’être-au-monde”. Une stèle est le
poème d’un silence dressé, exposé, sur le chemin.
Plusieurs espaces situés dans un espace. Plusieurs scènes disposées sur et
dans la scène ouverte qu’est l’espace illimité de la relation et de la déambulation. Quelques
stèles figurées par des écrans vidéos, irradiées d’une matière traversée-traversante.
Un espace d’architecture sonore, pour une autre stèle de silence, du silence de la matière, de
sa vibration. Quelques mots scandés vers l’incantation poétique et une danse d’inscriptions
et d’empreintes allant de l’immobile au délié et du geste-gravure jusqu’à l’éraflure.
IN/STELLATION. Comme instiller. Comme stèle et stellaire. Poser au-dessus et à la surface.
Faire signe. Un espace qui venant à soi, hors du dehors, est pure extériorité et vient dire et
décrire la mémoire d’un être-au-monde. Ecrire le passage, repérer la gravure qui enlève,
allège. Inscrire, imprimer. Oeuvrer, ouvrager, un sentiment entre les sensations et les formes
naissantes, lier les filaments qui tissent une chair ouverte à la résonance, donner corps. IN/STELLATION comme situation. Pièce chorégraphique pour deux interprètes et quelques
stèles, quelques pas, faits et gestes. Corps présences et signes immémoriaux au creux de
la mémoire, images en deçà des images. Gestes d’absorber des signatures sur la peau,
d’en révéler la lisière. Cette création/situation invite à évoquer la force d’un souffle sur la
matière tel le démiurge, l’inspiré, se saisissant de la voix pour dire la parole poétique et
faire advenir le surgissement des lieux et des formes animés.Une stèle immobile indique,
annonce une destination, une orientation. Porte la mémoire d’une présence, d’un geste,
d’une voix. Le mouvement, chemin dans la vibration de l’immobile, son ouverture. La stèle
d’une présence insondable et le corps d’une altérité.
IN/STELLATION comme relation, comme rencontre. Comme je-tu. IN/STELLATION comme
mutilation. Comme scarification. Hors-la-loi. En deçà. Comme blessure, comme plaie.
Comme innommable. Comme matière, comme forme.
la lettre d'une éraflure
d'une stèle sans loi
IN/STELLATION comme insolation et constellation. Comme jour. Solitude, errance. Comme
lumière, brûlure. Comme nuit. Comme immensité, passage.
Comme corps. Comme centre. Comme dressé, érigé…
François Laroche-Valière
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